Arnaud de Meester, plus fort qu’Ironman (par Mathieu Laurent)

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Parti de rien, Arnaud de Meester s’est lancé dans le sport sur le tard, à l’âge de 39 ans. De ses débuts dans le vélo qui l’ont amené jusqu’au triathlon, l’Ironman et les courses très longues distances, ce Belge ne cesse de se lancer des défis. Un athlète incroyable, un amoureux de son sport, au mental d’acier.29 janvier 2021

C’est l’histoire d’un Belge… Bien des blagues commencent ainsi. Mais c’est bien une histoire extraordinaire que la rédaction de Sport Heroes souhaite vous compter.

Nous sommes le 30 août 2020, 23h30, Arnaud de Meester vient de terminer Tenacity, un ultra-triathlon équivalent du célèbre Enduroman, et créé par lui-même en Belgique. Un périple de 477 kilomètres composé de 144 km de course à pied, 33 km de nage et 300 km de vélo, le tout bouclé en 61 heures et 30 minutes. Dans la nuit noire, sur la plage de Knokke-le-Zoute, Arnaud lève à bout de bras son vélo de joie et célèbre son exploit. Une performance très solide surtout à 49 ans. Difficile de croire que dix ans plus tôt il ne faisait pas la moindre activité physique.

A la découverte du sport

Pour comprendre le sportif, il faut d’abord s’intéresser à l’homme. Arnaud de Meester est né à Braine-l’Alleud, petite bourgade à côté de Waterloo en périphérie de Bruxelles, en 1971. Le Brainois, issu d’une famille ordinaire, fait rapidement parler son dynamisme : « Que ce soit à l’école ou dans les mouvements de jeunesse, on m’a toujours demandé gentiment de changer de cadre. Je n’ai jamais fait de grosses bêtises dans ma vie mais j’en ai toujours fait des petites. Je ne restais jamais en place. »

Pour canaliser son énergie débordante, il se tourne vers le sport. Mais un autre problème se pose rapidement : « Dès que j’arrivais à un certain niveau, je me lassais. Je trouvais alors un nouveau sport avec comme objectif un certain niveau. Une fois atteint, je me lassais. C’était dur pour mes parents car on aime bien que son enfant se mette dans une discipline puisqu’il y a un quotidien qui s’installe, des semaines qui s’enchaînent. Moi, je faisais ça un an ou deux et puis je me disais ”je veux monter à cheval ! Ça peut être beau de voir ce parallèle entre l’animal et l’humain” et je le faisais. » C’est ainsi qu’il a enchaîné une dizaine de sports différents pendant environ 25 ans.

Durant cette période, deux enseignements se dégagent. Tout d’abord, Arnaud aime le sport car c’est un moyen de rencontrer des gens, peu importe les origines sociales, et d’être tous le regard dirigé vers un même objectif. La deuxième chose, c’est qu’il est individuel : « Au hockey sur gazon, quand j’avais la balle au bout de mon stick, je le cédais difficilement. Malgré que je n’étais pas mauvais, on me demandais d’aller voir ailleurs car je n’étais pas collectif. » Ses talents de soliste, il les développera bien plus tard.

Un quotidien remis en question

Ce schéma du sportif, il l’applique rapidement à sa vie professionnelle. À la sortie de ses études de commerce, il rejoint son père dans le bâtiment : « C’était pas évident car on avait tous les deux un caractère très fort, deux coqs dans la même basse-cour. » L’oiseau quitte alors le nid pour voler de ses propres ailes. Il ouvre, avec un associé en Belgique, le premier magasin de troc international du pays qui s’appelait Good Deal. Un métier très dynamique. Il décide ensuite de se lancer dans l’événementiel et la communication, secteurs dans lesquels il évolue toujours aujourd’hui.

Plongé dans le travail, Arnaud arrête complètement le sport pendant 12 ans, entre ses 27 et 39 ans. Pendant une dizaine d’années, il enchaîne les clients tels que LVMH, Porsche et tant d’autres. « Je pensais que c’était ça la vie, la réalité ». Le Brainois voyage beaucoup, pas de place pour autre chose dans son quotidien. Inconsciemment, il étouffe : « Je pense que j’ai toujours été attiré par cet autre chose mais sans jamais le savoir ». Ce rythme, il le tient jusqu’en 2010. Année où tout va basculer.

Au travail, dans son métier de l’événementiel, il aime rester avec ses équipes jusqu’au bout, jusqu’à ce que tout soit démonté et remballé, pour les remercier. A la fin d’une soirée, un membre de son équipe lui demande : « T’as pas envie de faire une course de 140 km de vélo la semaine prochaine ? » Pris par l’euphorie et l’ambiance de la soirée, Arnaud accepte sans penser aux conséquences. « Je suis rentré chez moi et je me suis dit : ”zut je n’ai pas de vélo de course” ». 140 kilomètres de vélo sans vélo, c’est cocasse.

De dernier à premier

Il appelle un ami en urgence pour se procurer du matériel. Par chance, celui-ci a ce qu’il faut dans son garage : « Au milieu des vieilles tondeuses, des vieux sacs… Je vois un vieux vélo Eddy Mercks en acier avec des câbles qui sautent dans tous les sens. Il me dit que je peux l’utiliser mais qu’il faut le faire un peu réviser. Je vais donc au magasin et je leur explique la situation. Je vous dis pas la tête du vendeur. » Le commerçant lui propose un vélo d’occasion qui lui coûterait autant que de faire réviser le sien. Arnaud refuse car ce vieux vélo est celui de son ami. Une fois la ”bicyclette” réparée, il est prêt à parcourir les 140 kilomètres bien qu’il n’ait effectué aucun entraînement préalablement.

Inexpérimenté, il part comme une flèche, persuadé de sa tactique. Au bout de 30 minutes, les quadriceps et les ischios ne répondent plus. Le peloton le dépasse et Arnaud n’a pas la force de le rattraper. Le moral chute : « À la moitié du chemin je voulais arrêter, j’avais mes jambes en feu ! Et c’est mon mental qui m’a dit : ”va jusqu’à 70 ! Bon maintenant va jusqu’à 100 !” Une fois à 100 tu te dis que tu y es presque, tu en fais 10 de plus il n’en restera plus que 30. » C’est ainsi qu’il réussit à boucler tant bien que mal les 140 kilomètres. « Mon orgueil en avait pris un coup car je ne pensais pas être si mauvais. Je me souviens qu’il pleuvait et que je m’arrêtais sous les ponts. Je suis arrivé dernier le soir, complètement trempé sous l’arche, au moment où tout le monde était en train de manger et fêtait ça. Et là je me suis dit : ”ça ne va pas se passer comme ça !” »

Paradoxalement, alors qu’il finit bon dernier, Arnaud est séduit. En ne lâchant rien au moment où bon nombre auraient abandonné, il fait preuve d’une grande force mentale et désire plus. Piqué dans son orgueil, il retourne au magasin et se renseigne sur les vélos d’occasion. Il en achète un et s’entraîne durement. À tel point qu’il durcit ses séances hivernales avec un VTT assez lourd pour avoir « l’impression de voler » avec son vélo de course au printemps. Il ne participe pas à l’édition suivante, ne se sentant pas encore prêt. Deux ans après sa défaite, Arnaud reprend le départ et gagne la course à 41 ans. « Je me suis dis que quand on se donne les moyens, tout est possible. »

Un trait sur le passé

Sa large défaite en 2010 a l’effet d’un premier déclic pour Arnaud. Il se rend compte qu’il a aimé souffrir, qu’il aime les défis et atteindre de nouveaux objectifs. Le second déclic, celui qui va tout faire basculer, s’opère lors d’une de ses sorties à vélo : « J’étais avec un grand dirigeant d’une banque et un facteur d’une petite bourgade. L’un wallon et l’autre flamand ! Ils ne sont normalement pas amenés à se fréquenter. C’est vraiment là où je me suis dit : on est en train de me montrer que c’est ça la vie ! Si on a une passion, un peu de valeurs, et bien on est identique par rapport aux autres. Le temps d’une après-midi, nous avons tout oublier et nous étions les mêmes. J’ai trouvé ça fantastique. »

Ça y est, Arnaud a désormais les deux pieds dedans et la bascule est immédiate : « Je suis quelqu’un d’assez tranchant. Un jour j’ai changé, j’ai fait volt-face. J’ai changé complètement ma vie : j’ai vendu la maison que j’avais, j’ai fait le tri dans mon entourage car les gens ne m’intéressaient plus dans mon quotidien. Tout ce qui n’était pas de l’ordre de l’apprentissage, je l’ai mis de côté. J’ai aimé ma vie d’avant mais j’ai eu un déclic avec ces deux cyclistes. » Fini les soirées mondaines, le monde du sport lui ouvre grand les bras.

Entre 2010 et 2012, Arnaud de Meester se lance un nouveau défi : « À la soirée de ma première course cycliste, quand je finis dernier, je dis à certaines personnes que mon objectif serait de courir un Ironman. Évidemment, ça a fait sourire pas mal de monde. » On peut le prendre pour un fou, lui qui avait eu le plus grand mal à terminer les 140 kilomètres de vélo se voyait déjà courir un Ironman. Mais quand Arnaud a un objectif, il se donne à fond pour l’atteindre. Et il n’est pas du genre à reculer face à la difficulté.

Des deux roues au triathlon

Le Brainois ne saute pas les étapes et débute d’abord avec un petit triathlon au Luxembourg à Echternach. Une course que lui a proposé son vieil ami Jean-Louis. Arnaud débarque chez lui la veille : «Il était tellement content d’avoir pour une fois un Belge avec lui au Luxembourg qu’il m’a proposé de boire un verre. » Les deux compatriotes fêtent leur retrouvailles toute la nuit, oubliant presque le triathlon du lendemain matin. « Le réveil était assez dur mais on a passé une journée exceptionnelle » se souvient-il encore amusé.

Il est une fois de plus instantanément séduit par ce qu’il voit, ce qu’il ressent. L’ambiance, l’atmosphère lui parlent : « C’est beau parce qu’il y a ce contraste entre l’effort du sprint pour le premier et l’effort physique pour le dernier qui doit terminer sa course. C’est le seul sport où tu peux prendre le départ à côté d’un champion du monde, ce que j’ai fait un jour avec Frederik Van Lierde à Abu Dhabi. C’est drôle d’être à côté de lui, moi complètement amateur, lui champion du monde, et se dire qu’on prend le départ les pieds dans l’eau à quelques centimètres l’un de l’autre. C’est beau comme sport. » Difficile, en effet, de s’imaginer taper la balle avec Roger Federer.

De là, il enchaîne les courses. Il effectue notamment un dizaine d’Ironman (Roth, Vichy, Almere, Zurich…), deux double Ironman et un extrême triathlon (Swissman). Rapidement, il créé également son propre triathlon international en Belgique : « C’est un ultra triathlète français, comme moi aujourd’hui, qui vit en Belgique et qui devait faire dix Ironman en une année. Il ne lui en manquait qu’un. Je lui ai conseillé de l’inventer. C’est pas compliqué : tu tournes quelque part pendant 3,8 kilomètres, tu fais deux boucles de 90 km et puis tu cours un marathon. Alors il m’a demandé de l’organiser et c’est comme ça qu’est né le Belman que j’organise depuis 10 ans dans les Ardennes belges. »

Malheureusement, à son âge, Arnaud n’a pas les capacités physiques pour s’imposer sur ces formats de course. Bien qu’il soit dans la moyenne avec des temps autour d’une dizaine d’heures, les triathlons et Ironman sont le terrain de jeu des ”sprinteurs”. Doté d’une très bonne résistance à l’effort et d’une bonne récupération, il se dit alors qu’il peut viser des distances plus longues.

Toujours plus loin 

Tel un artiste, Arnaud de Meester ne cesse de créer ses propres œuvres. C’est à ce moment précis que le soliste entre en scène. Habitué à jouer sa partition au milieu des autres, il décide désormais de jouer seul. Lassé de regarder les autres courir et de se comparer à eux, il souhaite dépasser ses propres limites. Et comme un bon tailleur italien, il aime le sur-mesure. Il crée alors, en 2015, son propre challenge : ultra-Knokke. Pour ce premier défi personnel, il doit effectuer 5 km de natation dans un lac, puis 280 km de cyclisme pour finir avec un marathon. Un parcours personnalisé entre la Belgique et les Pays-Bas.

Il n’a pas relevé ce premier défi tout seul. Comme un vrai professionnel, il se crée une équipe autour de lui avec notamment le coach mental Marc Delpierre, le nutritionniste Serge Balon-Perin, le kinésithérapeute Grégory Dermience, le directeur technique Guillaume Marchal ainsi que Pierre Chaudoir en relation presse : « Comme dans le travail, il faut un bon directeur marketing, un bon directeur commercial… En sport c’est pareil. Quand on se développe, l’attention doit être fixé sur les entraînements et sur sa personne c’est-à-dire s’écouter, s’organiser par rapport à ses enfants pour ne pas les délaisser. » Son quotidien change complètement, n’hésitant pas à se lever en pleine nuit pour aller courir avant d’aller travailler. Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, il ne manque jamais une séance.

L’intensité de sa préparation a également changé. Pour préparer les ultra-triahlons, il effectue des Ironman à l’entraînement : « Je me lève le matin, je vais nager dans un lac, puis je fais deux boucles de 90 et je fais mon marathon. J’ai déjà fait ça plusieurs fois. Il faut parfois monter assez fort en puissance non pas pour voir la résistance physique et mentale, mais cardio. C’est très important de voir si le cardio tient sur des longues distances car il y a peu de récupération. Et puis ça me pousse à sortir de ma zone de confort, ça me montre que je suis toujours capable. »

Arnaud est une véritable force de travail. Le physique et le cardio ne suffisent pas, il souhaite aussi durcir son mental. Pour cela, il participe quatre années consécutives (de 2013 à 2016) à The Hell Van Kasterlee qui est « un des duathlons d’hiver les plus difficiles au monde :15 km de courses dans des chemins de terre boueux, puis 115 km de VTT dans le sable et dans l’eau et re 30 km de course dans des chemins de terre. »

L’artiste a encore bien des coups de pinceau à donner. Friand de nouveaux challenges à relever, il crée le tout premier Ironman entièrement de nuit du monde : Papillon by night. Le désormais ultra-triathlète prend goût à ces défis sur-mesure, il devient accro, et voit toujours plus loin. Quand son coach mental Marc Delpierre suggère d’augmenter les distances, Arnaud accepte sans sourciller. Sur la base de son ultra-Knokke, il crée un nouveau parcours ultra-Knokke 2. Il garde les 5 km de natation mais augmente le reste : 420 km de cyclisme et 50 km de course à pied. « Les longues distances ne se font pas à l’entraînement donc il faut toujours préparer le mental à arriver dans ces sphères qu’on ne connaît pas encore. Rentrer dans l’inconnu c’est ça qui m’intéresse » explique celui qui cherche constamment à tester ses capacités mentales mais toujours dans le plaisir de pratiquer. L’épreuve est bouclée en moins de 50 heures.

L’enfer du 666, son paradis

Pourquoi ne pas aller encore plus loin ? En 2016, à 45 ans, il modifie encore le parcours de son ultra-Knokke entre Belgique et Pays-Bas. Et il ne fait pas les choses à moitié, il hausse nettement la difficulté : 6 km de natation, 600 km de cyclisme et 60 km de course à pied. 666, le chiffre du diable. Pour l’occasion et pour la première fois de sa vie, il se rase les jambes et les fesses. Erreur fatale, les conséquences vont être dramatiques. Ce premier 666 effectué sur son terrain va s’avérer être un véritable enfer.

Les 6 km de natation se font assez facilement, Arnaud est comme un poisson dans l’eau. Sorti du lac, il enfourche son vélo et part pour 600 km. Début des problèmes : «  Je suis arrivé sur place trois jours avant la course pour tout préparer. Le souci, c’est que le poil avait un peu repoussé et il arrachait la peau à chaque mouvement de pédale. Je me suis retrouvé avec l’épiderme de mon derrière complètement brûlé. C’était excessivement douloureux, je ne pouvais plus poser mes fesses sur la selle ! »

Pour cet événement, Arnaud est accompagné, à distance, d’un médecin urgentiste connu et ayant déjà participé à un Ironman. Sous la souffrance, il fait appel à lui. Le médecin lui confirme qu’il va avoir très mal, mais qu’il n’y a aucun risque d’aggravation puisque la blessure est externe. Il reste 100 km de cyclisme et 60 km de course à pied à effectuer. Le mental entre en jeu. Pour l’aider, le médecin vient sur place et le pique deux fois sous les fesses. Anesthésié, Arnaud se sent revivre et repart assis sur la selle. Au bout de 50 km, l’anesthésie ne fait plus effet, la douleur revient. Il est obligé de terminer en danseuse : « J’ai donné tout ce que j’avais pour finir au plus vite. Quand on est au bout de notre vie on est à 80% de nos capacités. Il nous reste donc 20% pour s’en sortir. Comme j’étais dans la douleur extrême, je ne me suis même pas rendu compte que j’étais déjà à 90, 95% de force. J’étais complètement dans le rouge. »https://player.vimeo.com/video/168607148?dnt=1&app_id=122963

Arnaud a puisé trop profondément dans ses réserves. Les 600 km de vélo passés, le Belge est exténué, lessivé. Il s’isole dans une pièce à côté d’un restaurant. Il veut être seul, personne n’a le droit d’entrer. Son équipe s’inquiète. Elle appelle le médecin qui demande à ce qu’on apporte à l’ultra-triathlète une banane, un soda et un gel énergétique : « Il fallait du sucre pour que je récupère mentalement. Je mange la banane avec énormément de soda car elle ne passait plus dans ma gorge. Une fois tout avalé, je me suis relevé, j’ai essayé de refaire mes lacets de chaussures tant bien que mal et j’ai ouvert la porte. » Son équipe n’en revient pas, il est prêt à repartir ! « Allez go, on termine cette course ! On y va ! » leur dit-il.

Pour l’aider à terminer, il réclame une nouvelle piqûre au médecin… qui refuse ! « C’est une blague, il se fout de moi ? » s’interroge-t-il alors. Le risque est trop important : une piqûre de plus et Arnaud s’écroule au bord de la route dans les 10 km. « C’est la douleur qui va t’amener au bout » lui explique son médecin. Il devra donc finir à la force de son mental. Épuisé, à petits pas, et dans une souffrance extrême, il boucle le 666 en 51 heures : « C’est pas mal parce qu’entre le vélo et la course, je suis resté isolé pendant 1h30. » Il ne regrette pas d’avoir serré les dents. À l’arrivée, avec l’adrénaline, il ne ressent d’ailleurs plus la douleur. Il fête sa victoire avec ses proches, l’émotion est immense pour lui. Le mission étant remplie, certains lui proposent déjà de passer au 777. Il décline l’offre.

Une instant de lucidité ? Plus ou moins. Cette expérience aurait pu lui servir de leçon et l’inciter à freiner. Mais il n’en est rien, Arnaud de Meester est un homme de challenges et de courage. Un aventurier de l’inconnu. Un explorateur des ressources du corps humain. Malgré la douleur, il a adoré son 666 et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Loin de là.

Nous vous racontons la suite de ce parcours hors du commun dans un prochain article.

Pour suivre Arnaud de Meester dans son quotidien, rejoignez le sur son instagram @arnauddemeester

Par : Mathieu Laurent

Arnaud de Meester réussit son épreuve de Tenacity à sa première tentative

Après l’annulation de l’Enduroman durant laquelle il espérait prendre sa « remanche », Arnaud a rebondi en créant, comme un alpiniste ouvre une voie, une nouvelle épreuve avec son équipe composée de Guillaume Backvis, Didier Gallée, Philippe Cravillon, Pierre Chaudoir, Florence Legein et Marc Delpierre. Le tout en quinze jours. Un très bel exemple de résilience dans cette période anxiogène.

  • 144 km à pied de Villers-la-Ville à Robertville parcourus en 23 heures et 45 minutes
  • 33 km de nage dans le lac de Robertville effectués en 10 heures et 15 minutes
  • 300 km à vélo de Robertville à Knokke-le-Zoute déroulés en 18 heures et 15 minutes
  • 477 km dans un temps total de 61 heures et 30 minutes

« La partie Run est clairement plus difficile que dans l’Enduroman. La fin est terrible dans son dénivelé depuis Verviers pour remonter sur le plateau du Signal de Botrange. La nage également sans le sel et les courants sont nettement plus compliqués. Nous avons eu, mis à part deux grosses draches dans la partie vélo, beaucoup de chance avec la météo. Avec mon team, nous avons fait un travail incroyable dans la bonne humeur. On a pris énormément de plaisir même si ce ne fût pas une partie de plaisir. Maintenant la voie est ouverte. Un chrono qui ne demande qu’à être battu. Je vais créer mon épreuve et j’inviterai tous les ultras athlètes à venir défier Tenacity. Nous parcourons les 3 régions belges avec un

départ sublime dans les ruines de l’Abbaye de Villers-la-Ville. Le décor est très beau. Nous traversons Liège et Verviers à pied. Le lac de Robertville est magnifique et le retour vers la mer est très étonnant avec une arrivée sur la plage. Nous devons encore modifier quelques petits détails mais l’épreuve est très belle et n’est pas tributaire des conditions de la mer. Il n’y a pas la magie de la traversée de la Manche mais le parcours est sublime. J’ai même pris le temps d’en profiter » déclare Arnaud de Meester